Craindre (verbe)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Verbe |
( je crains, nous craignons ; je craignais, nous craignions ; je craignis ; je craindrai ; je craindrais ; crains, craignons ; que je craigne ; que je craignisse ; craignant ; craint ). X e siècle, criembre. Du latin tremere, « trembler », « redouter,
1. Considérer comme dangereux, nuisible. Craindre le froid, la chaleur, le soleil. Craindre le péril, la douleur, les maladies, la mort. Craindre l'échec, la solitude, la pauvreté. Voilà ce que je crains plus que tout, par-dessus tout. Craindre la colère de quelqu'un. Craindre de mourir. Ces deux hommes se craignent. Se faire
2. Respecter, révérer en redoutant. Craindre Dieu. C'est un homme craignant Dieu. Expr. Il ne craint rien ni personne, il ne craint ni Dieu ni diable, aucun respect, aucune crainte ne l'arrête.
3. Envisager quelque chose de fâcheux comme possible, probable ou imminent ; redouter. Sa proposition m'inquiète, je crains un piège, un danger. On peut tout
4. Ne pouvoir supporter sans dommage. Ces arbres craignent la gelée. Les plats de terre ne craignent pas le feu. Cette couleur craint le soleil. « Craint la chaleur et l'humidité », indication qui figure sur l'emballage de certains produits. Expr. fam. Ça ne craint rien, c'est très solide, très résistant.
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
(Il se conjugue comme CONTRAINDRE.) Envisager par la pensée quelqu'un ou quelque chose comme devant être nuisible, dangereux. "Craindre le péril, la mort, la douleur, les maladies, la pauvreté, etc. Craindre le tonnerre. C'est un homme qui ne craint rien. Je crains qu'il ne vienne. Je crains qu'il ne vienne pas. Il est à
Fam., "Ne
"Je ne crains pas de le dire, de l'assurer, etc.," Je n'hésite pas à le dire, à l'assurer, etc., parce que j'en ai la certitude.
Il se prend aussi pour Respecter, révérer. "Craindre Dieu. C'est un homme craignant Dieu. Craindre son père, sa mère."
Il se dit également de Certaines choses par rapport a celles qui leur sont contraires, qui peuvent les endommager, les détruire. "Ces arbres ne craignent pas le froid. Cette couleur craint le soleil. Ce vase de terre ne craint pas le feu."
Dictionnaire d'Emile Littré
1 Éprouver le sentiment qui fait reculer, hésiter devant quelque chose qui menace.
CORN.: « Qui ne craint pas la mort ne craint pas les menaces »
CORN.: « Qui peut tout doit tout
CORN.: « Il ne faut
RAC.: « Les rois craignent surtout le reproche et la plainte »
RAC.: « Je le craindrais bientôt s'il ne me craignait plus »
RAC.: « Comme il les craint sans cesse, ils le craignent toujours »
FÉN.: « Nous [Phéniciens] avions tout à
BOSSUET: « C'était une de ses maximes, qu'il fallait
FÉN.: « Mentor, qui craignait les maux avant qu'ils arrivassent, ne savait plus ce que c'était que de les
CORN.: « Et dans l'état où j'entre, à te parler sans feinte, Elle a lieu de me
LA MOTTE: « Prince, je crains le crime et non point le trépas »
Absolument.
CONDILLAC: « Espérer, c'est se flatter de la jouissance d'un bien ;
Craindre pour quelqu'un, pour quelque chose,
ROLLIN: « Il [Thalès] avait coutume de dire que la preuve d'un bon gouvernement était d'engager les sujets non à
Se faire
MONTESQ.: « Quand on cherche si fort les moyens de se faire
2 Révérer, respecter. Craindre son père.
RAC.: « Je crains Dieu, cher Abner »
RAC.: « La gloire des méchants en un moment s'éteint ; L'affreux tombeau pour jamais les dévore ; Il n'en est pas ainsi de celui qui te craint : Il renaîtra, mon Dieu, plus brillant que l'aurore »
BOSSUET: « Crains Dieu, et garde ses commandements, car c'est là tout l'homme »
FÉN.: « Souvenez-vous que ceux qui craignent les dieux n'ont rien à
D'ALEMB.: « Il faut que les sujets espèrent en Dieu et que les souverains le craignent »
Familièrement. Ne
Par extension. Ce cheval craint l'éperon, il obéit à l'éperon.
3 En parlant des choses inanimées, éprouver du dommage ne pas résister. Ces plantes craignent la gelée Arbres qui ne craignent pas l'hiver.
4 V. n. Craindre avec de et l'infinitif, hésiter, ne pas oser. Ne craignons pas de parler en cette circonstance.
BOSSUET: « On ne voit dans ses jugements [du juge qui veut s'agrandir] qu'une justice imparfaite, semblable, je ne craindrai pas de le dire, à la justice de Pilate.... »
BOILEAU: « Sans cesse on prend le masque, et quittant la nature, On craint de se montrer sous sa propre figure »
RAC.: « Sur les pas d'un banni craignez-vous de marcher ? »
RAC.: « Des soupirs qui craignaient de se voir repoussés »
BOSSUET: « Le cardinal de Richelieu était mort peu regretté de son maître, qui craignit de lui devoir trop »
VOLT.: « Viens régner avec nous si tu crains de servir »
Avec le subjonctif accompagné de la particule ne.
CORN.: « Craignez-vous qu'il ne vienne ? Je crains qu'en l'apprenant son coeur ne s'effarouche »
FLÉCHIER: « Je n'ai jamais importuné Votre Majesté pour lui demander du bien ; je crains que je ne l'importune en lui disant qu'elle m'en a fait »
RAC.: « Je crains presque, je crains qu'un songe ne m'abuse »
RAC.: « Quoi ! Craignez-vous déjà qu'ils ne soient écoutés ? »
RAC.: « Tout m'est suspect : je crains que tout ne soit séduit ; Je crains Néron, je crains le malheur qui me suit »
RAC.: « Tant qu'il vivra, craignez que je ne lui pardonne »
RAC.: « Ah ! courez et craignez que je ne vous rappelle »
RAC.: « On craint qu'il n'essuyât les larmes de sa mère »
Sans la particule ne.
CORN.: « Il nous fallait, pour vous,
CORN.: « Il craint qu'un indiscret la vienne révéler »
CORN.: « Mais je crains qu'elle [la patience] échappe et que, s'il continue, Je ne m'obstine plus à tant de retenue »
CORN.: « Avec juste raison je crains qu'entre nous deux L'égalité rompue en rompe les doux noeuds, Et que ce jour fatal à l'heur de notre vie Jette sur l'un de nous trop de honte ou d'envie »
CORN.: « Et le plus grand des maux toutefois que je crains, C'est que mon triste sort me livre entre ses mains »
CORN.: « Vous craignez que ma foi vous l'ose reprocher »
CORN.: « Vous l'accusiez pourtant, quand votre âme alarmée Craignait qu'en expirant ce fils vous eût nommée »
CORN.: « Seigneur, je crains pour vous qu'un Romain vous écoute »
MOL.: « Je craindrais que peut-être à quelques yeux suspects tu me fisses connaître »
MOL.: « Mais hélas ! je crains bien que j'y perde mes soins »
MOL.: « ....Oui, mais qui rit d'autrui Doit
QUINAULT: « Les soins d'un amour extrême Devroient moins vous alarmer ; Vous craignez trop qu'on vous aime ; Ne craignez-vous point d'aimer ? »
CAMPISTRON: « Et craignant qu'on me fasse un crime de mes pleurs »
VOLT.: « Craignant surtout qu'à rougir on l'expose »
Bien que la particule ne soit réellement explétive, cependant l'usage en a consacré l'emploi ; et la supprimer est une licence qui n'est permise qu'à la poésie ; elle l'est aussi quand la construction est interrogative ou implique un sens négatif :
MOL.: « Peut-on
PASC.: « On peut prendre du profit, sans
CRÉB.: « Je crains peu qu'un grand roi puisse en être jaloux »
Ne pas
CRÉB.: « Ne craignez pas que, prêt à vous désobéir, Il apprenne avec moi, seigneur, à vous trahir »
CRÉB.: « Je ne crains pas qu'on soupçonne de partialité sur cet article un homme que l'on n'a pas accusé jusqu'ici d'être fort doucereux »
Si ne pas
Craindre, suivi d'un verbe qu'accompagne la négation, exprime la crainte que la chose ne se fasse pas, et par conséquent le désir qu'elle se fasse. Je crains de ne pas le voir. Je craignais qu'il ne vînt pas.
5 Se
RETZ: « Il se craignait trop peu, ce qui est le caractère de ceux qui n'ont pas le soin de leur réputation »
PROVERBE
REMARQUE
1. Craindre, suivi d'un verbe à l'infinitif, exige la préposition de : je ne crains pas de me tromper, si je parle ainsi ; et non : je ne crains pas me tromper.
2.
FÉN.: « La construction de
FÉN.: « Je craignais que les Grecs nous communiqueraient bien plus leurs arts que leur sagesse »
FÉN.: « Ne craignais-tu pas que Pythias ne reviendrait point et que tu payerais pour lui ? C'est un archaïsme. »
SYNONYME
CRAINDRE, APPRÉHENDER, AVOIR PEUR, REDOUTER. Redouter se distingue des trois autres en ce qu'il exprime la crainte de quelque chose de supérieur, de terrible, à quoi on ne peut résister Appréhender se distingue de
HISTORIQUE
XIème siècle
Ch. de Rol. XVIII: Je me crendreie que vous vous meslissiez [faire mêlée, combattre]
ib. XL: Seürs est Charles, que nul homme [il] ne crent
XIIème siècle
Ronc. p. 48: Franc, dit Rollant, bone gent honorée, Sur toutes autres cremue et redoutée
ib. p. 95: [Je] creim que occis soit ainz que soions là
ib. p. 165: Las ! je cren mout qu'il n'i ait encombrer
Couci, XXI: Mais cil qui faillir crient Est si destrois, quant secours ne lui vient
QUESNES: « Que povre sont li autre chevalier, Si crement la demorance [de rester à la croisade] »
Th. le mart. 52: Car mult cremi de sei, quant le respuns oï ; Mult nota les paroles que li quens respundi
ib. 28: Car plus criement assez le terrien seignur Que il ne funt Jesu le puissant createur
Liber psalm. p. 31: Li sire est la meie salut ; cui crenderai je ?
ib. p. 146: E crendrunt les genz le tuen num
Job, 442: Uns hom astoit en la terre Us, ki out num Job, simples et droituriers, cremmanz Deu e repairans ensus del mal
XIIIème siècle
VILLEH.: « Et li autre remestrent [restèrent] moult à malaise dedens Constantinople, come cil qui cremoient à perdre toute la terre »
la Rose, 6913: Li diex d'amors onc ne cremut, Ne por fortune ne se mut
Berte, LXIII: Forment se fist la serve et douter et cremir
Ren. 11269: Si te criement li paien tuit, à pou que chascuns ne s'en fuit
XVème siècle
FROISS.: « Un moult haut prince cremu et renommé »
EUST. DESCH.: « Ja pour mesdit, barat ne jenglerie, Ne cesserai de vous
EUST. DESCHAMPS: « Le peuple doit chascun jour labourer Pour les estas des nobles soutenir, Et si les doit honourer et cremir »
COMM.: « Moins se soucyer et moins se travailler et entreprendre moins de choses, plus
XVIème siècle
J. MAROT: « Reprenez donc vos forces et couraiges, et ne craignez des François les oultraiges »
MARG.: « Je ne crains à vous donner de la peine »
MARG.: « Je ne crains vous recommander ung si homme de bien »
MARG.: « Ma povre soeur faict un si très grant duel, que je crains bien sa santé »
MARG.: « Je n'entends point parler de la dicte commission, qui me faict
MARG.: « Le gentilhomme craignant sa vie s'il offensoit son maistre, et la damoiselle, son honneur »
MONT.: « Le pape, se craignant qu'on luy teinst propos qui.... »
MONT.: « Ses adversaires craignoient de le piquer »
MONT.: « Ne
MONT.: « Si est-il à
MONT.: « Ils craignoient à m'accoster »
MONT.: « Craignants qu'ils ne vinssent à.... »
MONT.: « Les medecins ne craignent de s'en servir à toute sorte d'usage »
MONT.: « Chascun craint à estre espié et contreroollé »
MONT.: « Je ne veulx ny me
MONT.: « Je crains que c'est un traistre »
MONT.: « Bien crains je que nous lui aurons très fort hasté sa ruine par notre contagion, et que nous lui aurons bien cher vendu nos opinions et nos arts »
LA BOÉTIE: « Les tyrans qui sont contrains, faisans mal à tous, se
YVER: « Quand la maison voisine ard, on doit bien
AMYOT: « Et craignoient les mariniers que leur vaisscau ne peust pas resister à la violence des vagues.I ls craignoient de rencontrer des hommes, et si avoient peur de n'en rencontrer point pour la grande faulte et necessité qu'ilz avoient de vivres »
AMYOT: « Le commun populaire craint ordinairement ceulx qui le mesprisent, et avance ceulx qui le craignent »
D'AUB.: « Il y en a qui disent que tous les princes le haïssent, et mesmes qu'il a à se
D'AUB.: « Le duc d'Albe se craignant de la Bourgongne, quoi que les Suisses fussent obligez à la garantir, despescha quelques troupes legeres »
RONS.: « Estrange est son plumage, et je crains à loger, Pour n'estre point deceu, un si jeune estranger »
COTGRAVE: « Il ne craint ni les rez ni les tondus [il ne craint personne] »
ÉTYMOLOGIE
Saintong. crainre ; provenç. cremer ; du latin tremere, trembler et aussi
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE CRAINDRE. Ajoutez :
6 Conjecturer, juger, en craignant.
J. J. ROUSS.: « La voie que vous avez prise et que vous craignez n'être pas la meilleure, ne le sera pas toujours sans doute »
7 Se
Hist. du concile de Trente, trad. de le Courayer, t. I, p. 670: Qu'il [Charles - Quint] était instruit de tout ce qui se disait et se craignait, et qu'il ne négligerait rien pour avoir partout des gens qui lui donnassent avis de tout
REMARQUE
1. Ajoutez : Cependant Corneille a dit
1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
("Je crains, tu crains, il craint; nous craignons, vous craignez, ils craignent. Je craignais, vous craigniez. Je craignis. J'ai craint. Je craindrai. Crains. Que je craigne. Que je craignisse. Craignant.") Redouter, appréhender, avoir peur. "Craindre le péril. Craindre la mort. Craindre la douleur, les maladies, la pauvreté, etc. Craindre le tonnerre. C'est un homme qui ne craint rien. Je crains qu'il n'en arrive malheur. Je crains qu'il ne vienne. Je crains qu'il ne vienne pas. Je ne crains pas qu'il vienne. Ne craignez-vous pas qu'il ne vienne? Il est à
Fam., "Il ne craint ni Dieu ni diable," se dit D'un méchant homme, d'un homme déterminé qu'aucune crainte n'arrête.
"Je ne crains pas de le dire, de l'assurer, etc.," Je n'hésite pas à le dire, à l'assurer, etc., parce que j'en ai la certitude.
2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
s'emploie quelquefois absolument. "On l'avait accoutumé à
3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
se prend aussi pour Respecter, révérer. "Craindre Dieu. C'est un homme craignant Dieu. Craindre son père. Craindre sa mère."
4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
se dit également De certaines choses par rapport à celles qui leur sont contraires, qui peuvent les endommager, les détruire. "Ces arbres ne craignent point le froid. Cette couleur craint le soleil. Ce vase de terre ne craint point le feu."
Prov. et fig., "Un bon vaisseau ne craint que la terre et le feu," Il n'y a rien à
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
| Verbe |
["Krein-dre": 1re lon. 2e "e" muet.] "je crains"; nous "craignons"; je "craignais"; je "craignis"; j'"ai craint"; je "craindrai", "craindrais", "crains"; que je "craigne", je "craignisse"; "craignant".
- 1°. Redouter, apréhender, avoir peur que quelque mal n'arrive";" "
"Rem." I. L'Abé "Girard" compâre "craindre" avec "apréhender", "redouter", "avoir peur". Il trouve que la diférence de ces termes, c'est qu'on "craint" par un mouvement d'aversion pour le mal, dans l'idée qu'il peut arriver; on "apréhende", par un moûvement de desir pour le bien, dans l'idée qu'il peut manquer; on "redoute" par un sentiment d'estime pour l'adversaire, dans l'idée qu'il est supérieur; on "a peur", par un foible d'esprit pour sa conservation, dans l' idée qu'il y a du danger.
- Le défaut de courage fait "craindre"; l'incertitude du succès fait "apréhender": la défiance des forces fait "redouter"; les peintûres de l'imagination font "avoir peur". 'Le comun des homes "craint" la mort au-dessus de tout. Plus on souhaite ardemment une chôse, plus on "apréhende" de ne la pas obtenir. Quelque mérite qu'un Auteur se flate d'avoir, il doit toujours "redouter" le jugement du Public. Les femmes "ont peur" de tout. "Gir." Synon.
II. "Craindre", régit "de" et l'infinitif; et "que" avec le subjonctif; le 1er, quand le verbe régi se raporte au nominatif du verbe, (ou, autrement, au sujet de la phrâse); le 2d, quand il ne s'y raporte pas. '"Craignons d'ofenser" Dieu, et qu'"il ne" nous "punisse". Avec le subjonctif, il faut toujours mettre la particule "ne". P. "Corneille" la retranche....... Mais je "crains qu'"elle "échape". Il faut dire, "qu' "elle "n'échape".
- Racine a usé de la même licence:
"Craignez"-vous "que" mes yeux "versent" trop peu de larmes?
Au lieu de, "ne versent", etc.
- M. "Moreau" la retranche au 1er membre d'une phrâse, et la met au 2d, ce qui n' est pas fort conséquent. 'Il "craignoit qu'"on "désaprouvât" à Rome tout ce qui s'étoit fait contre Arnoul; et "que" le jugement du St. Siège "n'aliénât" les Évêques, etc. Il falait dire, "qu'"on "ne désaprouvât", etc.
III. M. de "Wailli" remarque fort bien que, quand on ne souhaite pas la chôse exprimée par le verbe régi, on retranche "pas:" "Je crains que" sa maladie "ne devienne" mortelle; mais si l'on souhaite cette chôse exprimée par le verbe régi, on met, "que ne pas": 'Je "crains que" mon frère "ne puisse pas" arriver ce soir.
IV. Quand la négative afecte "craindre", on ne la met point devant le verbe qui est régi: Je "ne crains pas qu'"il "ôse" le faire. "Racine" fournit un bel exemple de l'un et de l'aûtre dans "Andromaque".
-
Hélas! on "ne craint point qu' "il "venge" un jour son père:
On "craint qu'"il "n'essuyât" les larmes de sa mère.
* Malgré l'usage ancien et constant de retrancher la particule "ne" dans le sens négatif, quelques Auteurs, et des plus estimables même, l'emploient, aparemment par distraction. 'Il "n'est pas à
V. L'interrogation a le même éfet que la négative, pour faire retrancher la particule "ne" après "craindre". Comme on dit, vous "ne craignez pas qu'"il "vienne"; on doit dire, "craignez-vous qu'il vienne", et non pas, "qu'"il "ne vienne".
- Il faut remarquer encôre que, quelquefois, le sens n'est négatif qu'en aparence, et qu'il est réellement afirmatif. Alors il faut répéter "ne" après la conjonction "que". Exemple: 'Je le ferais, si je "ne craignais que" vous "ne vous fâchiez". C'est comme si l'on disait, mais "je crains que" vous "ne vous fâchiez". = Quelques-uns insèrent mal-à-propos cette particule "ne" devant l'infinitif. 'Il "craint de n'être" grondé; dites: "d'être grondé".
VI. * "Fénélon", outre qu'il retranche la négative dans le sens afirmatif, après "craindre", substitue le futur conditionel à l'imparfait du subjonctif: 'Nous "avons craint que" quelque étranger "viendroit" (ne vînt) faire la conquête de l'Isle de Crete. "Télémaque".
- Mde. "Dacier" met aussi mal-à-propos le futur à la place du présent du subjonctif. '"Il est à
VII. "Craindre" régit quelquefois l'ablatif, (la prép. "de") de la persone.
"Que craignez-"vous enfin "d'unPère" qui vous aime?
"Créb."
'Nous avons beaucoup "à
VIII. "Faire
X. "Être à
- "À~
2°. CRAINDRE, s'emploie neutralement. Il "craint": pourquoi "craignez-"vous? Je "crains" pour vous: on l'a acoutumé "à
3°. CRAINDRE, ne signifie quelquefois que "respecter", "révérer".
Je "crains Dieu", cher Abner, et n' ai point d'autre crainte. Rac.
C'est un homme "craignant Dieu". "Craindre" son père, sa mère, etc.
4°. Il se dit quelquefois dans le premier sens, non-seulement des animaux, mais des chôses inanimées: Ce chien "craint les" coups de bâton. Ces arbres "craignent le" froid. Un bon vaisseau ne "craint" que "la" terre et "le" feu.
On dit proverbialement, d'un méchant homme, d' un homme déterminé, qu'il "ne craint ni Dieu", "ni diable".
CRAINT, CRAINTE, participe. "Vaugelas" trouvait que le féminin était rude à prononcer. C'est la mer "qu'"il "a crainte". Il ajoute, qu'il peut ocasioner quelquefois de l'équivoque, à cause du substantif "crainte". Th. "Corneille" n'y trouvait ni rudesse, ni ocasion d'équivoque. L'"Acad." se contentait de dire que ce féminin est peu d'usage; et c'est peut-être la raison qui le fait paraitre rude, quand on s'en sert. Dans la dern. édit. elle le met sans remarque, et sans citer d'exemples.
Emplacement dans le dictionnaire :
| crachin crachoir crachotement crachoter crack craie craignant | crailler crain craint crainte craintif craintivement | crambe cramoisi crampe crampon cramponné cramponner cramponnet |
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)...elle nous permet de croire que nous n'en manquerons jamais. Précisément parce que l'idéal dépend du milieu social qui est essentiellement mobile, il se déplace sans cesse. Il n'y a donc pas lieu de craindre que jamais le terrain ne nous manque, que notre activité arrive au terme de sa carrière et voie l'horizon se fermer devant elle. Mais, quoique nous ne poursuivions jamais que des fins définies et...
Citation n°2 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)
...serait singulièrement précaire. Un ordre tout extérieur dissimulerait mal des tiraillements trop généraux pour pouvoir être indéfiniment contenus. Mais, dit-on, pour que ce danger ne soit pas à craindre, il suffit que les contrats soient librement consentis. Il est vrai ; mais la difficulté n'est pas pour cela résolue, car, qu'est-ce qui constitue le libre consentement ? L'acquiescement verbal ou...
Citation n°3 de Remy de GOURMONT (Esthétique de la langue française : la déformation, la métaphore, le cliché, le vers libre, le vers )
...étrangers, sont d'une laideur intolérable et demeureront la honte de notre langue si l'usure ou l'instinct populaire ne parviennent pas à les franciser. Leur nombre croissant pourrait faire craindre que le français fût en train de perdre son pouvoir d'assimilation, jadis si fort, si impérieux ; il n'en est rien, mais la demi-instruction, si malheureusement répandue, oppose à cette vieille force...
Citation n°4 de Remy de GOURMONT (Esthétique de la langue française : la déformation, la métaphore, le cliché, le vers libre, le vers )
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